Paris Saint-Germain : Effectif et analyse tactique 2025-26
Le Paris Saint-Germain aborde la saison 2025-26 avec un statut inédit dans son histoire : celui de champion d’Europe en titre. La conquête de la Ligue des champions 2024-25, premier sacre continental du club, a ouvert une nouvelle ère. Deuxième de Ligue 1 à un point de Lens après 22 journées, vainqueur de la Coupe Intercontinentale de la FIFA en décembre 2025, le PSG de Luis Enrique poursuit sa mutation vers un modèle collectif qui a définitivement tourné la page de l’ère des superstars. Analyse approfondie d’un club en pleine redéfinition de son identité.
L’ère post-Mbappé : un PSG transformé
Le départ de Kylian Mbappé vers le Real Madrid à l’été 2024 avait suscité des interrogations légitimes sur la capacité du PSG à maintenir son niveau d’excellence. Dix-huit mois plus tard, le bilan est sans appel : le club parisien est devenu plus fort collectivement sans sa superstar.
Luis Enrique a construit un projet basé sur le collectif plutôt que sur l’individu. La philosophie est claire : aucun joueur n’est plus grand que l’équipe. Le technicien espagnol, arrivé sur le banc parisien à l’été 2023, a eu le temps et les moyens de façonner un groupe à son image. Les résultats parlent d’eux-mêmes : un titre de champion de France 2024-25, une Ligue des champions, une Coupe de France, un Trophée des Champions, une Supercoupe de l’UEFA et une Coupe Intercontinentale de la FIFA. Le sextuplé calendaire réalisé en 2025 reste un exploit historique qui place ce PSG parmi les plus grandes équipes du football mondial.
La transition post-Mbappé s’est accompagnée d’un rééquilibrage salarial et financier significatif. Le départ du joueur le mieux payé de l’histoire du club a libéré une masse salariale considérable, réinvestie dans le recrutement ciblé de profils correspondant à la philosophie de jeu de Luis Enrique.
Le mercato estival 2025 : qualité plutôt que quantité
Le recrutement du PSG à l’été 2025 a privilégié des arrivées ciblées plutôt que des transferts spectaculaires, en cohérence avec la nouvelle orientation stratégique du club.
Les arrivées
Lucas Chevalier (gardien, ex-LOSC Lille, 34 M GBP). Le transfert le plus symbolique de l’été parisien. A 23 ans, l’international français arrive pour s’imposer comme le gardien numéro un, remplaçant Gianluigi Donnarumma. Chevalier, formé au LOSC et révélé en Ligue 1 puis en Ligue des champions, offre un profil de gardien moderne : excellent au pied, capable de participer à la relance, et doté de réflexes hors du commun. Son arrivée répond à une exigence tactique de Luis Enrique, qui demande à son gardien d’être le premier relanceur du jeu.
Illia Zabarnyi (défenseur central, ex-AFC Bournemouth, 54,5 M GBP). L’international ukrainien arrive pour renforcer une défense centrale qui avait montré des faiblesses en fin de saison 2024-25. A 22 ans, Zabarnyi apporte sa solidité dans les duels, sa lecture du jeu et sa capacité à relancer proprement, des qualités essentielles dans le système de Luis Enrique. Son expérience de deux saisons en Premier League lui confère une maturité précieuse.
Renato Marin (milieu de terrain, transfert libre). Arrivée plus discrète mais non moins intéressante, le jeune milieu de terrain complète un secteur déjà richement doté.
Les départs
Le PSG a procédé à un nettoyage d’effectif significatif. Gianluigi Donnarumma a rejoint Manchester City, mettant fin à une ère au poste de gardien parisien. Marco Asensio et Milan Skriniar, qui n’entraient plus dans les plans de Luis Enrique, ont été transférés à Fenerbahce. Randal Kolo Muani, prêté à Tottenham Hotspur après une intégration difficile, incarne les limites d’un recrutement qui n’avait pas pleinement convaincu.
Au total, les départs ont été plus nombreux que les arrivées, confirmant la volonté de resserrer le groupe autour d’un noyau dur de joueurs pleinement investis dans le projet.
L’effectif 2025-26 : radiographie d’une équipe de champion
La charnière défensive
Marquinhos reste le capitaine et le patron de la défense. Le Brésilien, au club depuis 2013, incarne la continuité et le leadership. A ses côtés, Willian Pacho et Illia Zabarnyi se disputent la place de second défenseur central titulaire, offrant à Luis Enrique des options de rotation précieuses. Lucas Hernandez, quand il est disponible, apporte sa polyvalence sur le côté gauche de la défense.
Le couloir droit est verrouillé par Achraf Hakimi, l’un des meilleurs latéraux du monde. Le Marocain, infatigable, participe aussi bien à la construction qu’à la finition, avec des montées offensives qui déstabilisent systématiquement les défenses adverses. A gauche, Nuno Mendes assure un rôle similaire, même si son profil est davantage orienté vers la solidité défensive.
Le milieu de terrain : le coeur du système
C’est dans l’entrejeu que se trouve la clé du système Luis Enrique. Le PSG possède probablement le milieu de terrain le plus complet d’Europe :
Vitinha est le chef d’orchestre. Le Portugais, élu parmi les meilleurs passeurs de la saison selon les statistiques Opta, combine vision de jeu, technique balle au pied et capacité à accélérer le jeu. Son importance dans le dispositif parisien est comparable à celle de Xavi dans le Barcelone de Pep Guardiola : il donne le tempo, oriente le jeu et crée des décalages par sa qualité de passe.
Joao Neves, arrivé au PSG à l’été 2024, s’est imposé comme un titulaire indiscutable. Le jeune Portugais apporte un volume de jeu impressionnant, avec une capacité à récupérer des ballons qui compense le positionnement plus avancé de Vitinha.
Fabian Ruiz complète le trio avec son élégance technique et sa capacité à jouer entre les lignes. L’international espagnol est l’incarnation du profil recherché par Luis Enrique : technique, intelligent et capable de remplir plusieurs rôles.
Warren Zaïre-Emery, à seulement 19 ans, continue sa progression fulgurante. Le plus jeune international français de l’histoire bénéficie d’un temps de jeu géré avec intelligence par son entraîneur, alternant titularisations et entrées en jeu décisives.
L’attaque : le collectif roi
L’attaque du PSG fonctionne comme une unité plutôt que comme un ensemble de talents individuels. C’est la grande réussite tactique de Luis Enrique.
Ousmane Dembélé (8 buts en Ligue 1 ) est utilisé dans un rôle de faux neuf qui a révolutionné son jeu. L’international français, longtemps considéré comme un ailier pur, a trouvé dans cette position centrale une liberté de mouvement qui décuple son efficacité. Ses décrochages attirent les défenseurs centraux, créant des espaces que ses coéquipiers exploitent avec intelligence. Son doublé lors du 5-0 contre Marseille a rappelé sa capacité à être décisif dans les matchs de prestige.
Khvicha Kvaratskhelia, le Géorgien recruté à Naples en janvier 2025, est devenu un élément central du dispositif offensif. Buteur lors de la finale de la Ligue des champions 2024-25, il a confirmé son statut cette saison avec 7 buts et 3 passes décisives en Ligue des champions. Sa capacité à dribbler, à créer des décalages et à frapper de loin en fait un cauchemar pour les défenses adverses.
Bradley Barcola (7 buts en Ligue 1) poursuit sa progression à 22 ans. L’international français, d’une vitesse fulgurante, est de plus en plus décisif. Son jeu en un contre un et sa capacité à percuter font de lui une menace constante sur le flanc gauche.
Désiré Doué et Lee Kang-In complètent un éventail offensif qui permet à Luis Enrique de varier ses compositions sans jamais perdre en qualité. La profondeur de banc parisienne reste un atout considérable, surtout lors des semaines européennes chargées.
Le système tactique de Luis Enrique
Le 4-3-3 fluide
Luis Enrique aligne le PSG dans un 4-3-3 de base qui se transforme en permanence au gré des phases de jeu. La flexibilité est le maître-mot : les joueurs changent de position constamment, rendant le marquage individuel quasi impossible.
Le principe fondamental est la supériorité numérique dans la zone du ballon. Les latéraux montent très haut, les milieux permutent, les attaquants décrochent : chaque phase de possession est une séquence de mouvements coordonnés qui vise à déséquilibrer l’adversaire.
La possession comme arme
Le PSG est l’équipe qui possède le plus le ballon en Ligue 1, avec une moyenne supérieure à 65 % de possession par match. Mais cette possession n’est pas stérile : elle est orientée vers l’attaque, avec des accélérations soudaines qui prennent les défenses à revers.
La relance depuis le gardien est un élément clé du système. Lucas Chevalier, recruté précisément pour cette qualité, participe activement à la construction du jeu. Sa capacité à trouver Vitinha ou les défenseurs centraux sous pression permet au PSG de résister au pressing adverse et de retourner les situations défavorables.
Le pressing haut
Lorsque le PSG perd le ballon, la consigne est claire : reconquête immédiate. Le pressing haut, coordonné et intense, est l’autre face de la philosophie Luis Enrique. Les attaquants sont les premiers défenseurs, et la ligne défensive monte très haut pour compresser l’espace de jeu adverse.
Ce pressing est particulièrement efficace à domicile, au Parc des Princes, où le soutien du public amplifie l’intensité. La victoire 5-0 contre Marseille est l’illustration parfaite de cette capacité à étouffer l’adversaire dès les premières minutes. L’élimination surprise en Coupe de France face au Paris FC a toutefois montré que même les plus grandes équipes ne sont pas à l’abri d’une défaillance.
Les rotations permanentes
Le volume des rotations est le trait le plus distinctif du PSG de Luis Enrique. Comme le soulignent les analyses tactiques, les permutations entre les lignes avant et médiane sont si fréquentes qu’elles rendent le PSG très difficile à marquer et à presser. Le PSG est toujours à une rotation d’échapper au pressing adverse et d’attaquer dans l’espace libéré.
La Ligue des champions 2025-26
Le PSG, tenant du titre, aborde cette campagne européenne avec la légitimité d’un champion. La phase de ligue, nouveau format introduit en 2024-25, impose huit matchs contre des adversaires variés. Le groupe parisien, inscrit sur la liste UEFA, comprend 23 joueurs capables de rivaliser avec n’importe quelle équipe du continent.
L’objectif est clairement de conserver le trophée. Luis Enrique a déclaré à plusieurs reprises que la Ligue des champions restait la priorité absolue du club, même si la course au titre en Ligue 1 impose de ne pas relâcher la pression domestique.
Le double objectif Ligue 1 et Ligue des champions est le défi principal de cette saison. La gestion des forces, les rotations d’effectif et le maintien de la fraîcheur physique sont des paramètres que Luis Enrique maîtrise grâce à la profondeur de son groupe. Mais l’exigence d’enchaîner les matchs à haute intensité, semaine après semaine, représente un risque d’usure que le RC Lens, non engagé en Europe, n’a pas à gérer.
Le contexte du fair-play financier
Le PSG a considérablement assaini sa situation financière depuis les premières années du projet QSI. Le départ de Mbappé et la réduction de la masse salariale ont contribué à rapprocher le club des standards exigés par l’UEFA en matière de fair-play financier.
Les investissements dans les infrastructures (le nouveau centre d’entraînement de Poissy, les projets de rénovation du Parc des Princes) témoignent d’une vision à long terme qui dépasse les seuls résultats sportifs. Le modèle économique du PSG évolue vers une plus grande autonomie financière, avec des revenus commerciaux en hausse et une attractivité renforcée par les succès européens.
L’UEFA surveille néanmoins de près les comptes du club, et le respect des règles du fair-play financier reste un enjeu permanent. Le mercato estival 2025, avec des dépenses totales modérées malgré les arrivées de Chevalier et Zabarnyi, illustre cette nouvelle discipline budgétaire.
Les défis de la fin de saison
Conserver le titre en Ligue des champions
Le parcours européen du PSG cette saison sera suivi avec attention. Après la conquête historique de 2024-25, le club doit prouver que son succès n’était pas un coup d’éclat isolé mais le début d’une domination durable. Les phases finales de la compétition, à partir de mars, imposeront des choix tactiques et de gestion d’effectif déterminants.
Reprendre la tête de la Ligue 1
Un point de retard sur Lens est un écart insignifiant, mais la dynamique lensoise est impressionnante. Le PSG devra probablement gagner la confrontation directe contre Lens pour reprendre les commandes. L’expérience des fins de championnat est un avantage historique du PSG, mais Lens possède l’énergie d’une équipe qui n’a rien à perdre.
Gérer la double compétition
La semaine de Ligue des champions, qui impose un match le mardi ou le mercredi suivi d’un match de Ligue 1 le week-end, est le principal défi logistique et physique. Luis Enrique doit trouver le bon équilibre entre les deux compétitions, sans sacrifier aucune des deux.
Conclusion
Le Paris Saint-Germain version 2025-26 est paradoxalement plus fort sans Mbappé qu’avec. Le collectif a remplacé l’individu, le système a pris le dessus sur les talents isolés, et Luis Enrique a imprimé une identité de jeu claire qui transcende les individualités. Avec une attaque prolifique, un milieu de terrain de classe mondiale et une défense renforcée par les recrues estivales, le PSG possède les armes pour réaliser un nouveau doublé Ligue 1-Ligue des champions. La course au titre domestique face à un surprenant RC Lens et les ambitions européennes dessinent une fin de saison passionnante pour le club de la capitale.
Sources :
- UEFA : Paris Saint-Germain en Ligue des champions 2025-26
- L’Équipe : Suivi du Paris Saint-Germain
- Transfermarkt : Effectif et transferts du PSG 2025-26
- Opta Analyst : Analyse statistique avancée du PSG
- PSG.fr : Site officiel du Paris Saint-Germain
Par la rédaction de LG1