L’Olympique de Marseille vit une saison 2025-26 agitée, à l’image de son histoire. Quatrième de Ligue 1 après 22 journées, le club phocéen affiche la deuxième meilleure attaque du championnat mais traverse une crise institutionnelle depuis le départ de Roberto De Zerbi. Retour sur une saison qui concentre toutes les contradictions du club le plus populaire de France.
Le mercato estival : des ambitions claires
L’été 2025 a été actif. De Zerbi avait conduit l’OM à la deuxième place de Ligue 1 avec 65 points la saison précédente, et le club a cherché à étoffer un effectif déjà compétitif pour la double campagne Ligue 1 et Ligue des champions.
Le maintien de Mason Greenwood était la priorité. L’attaquant anglais, co-meilleur buteur de Ligue 1 en 2024-25 avec 21 réalisations, définitivement acquis depuis l’été 2024, est devenu le visage offensif du projet. Autour de lui, les cadres sont restés : Adrien Rabiot au milieu, Pierre-Emile Hojbjerg en sentinelle, Amine Gouiri en soutien.
Côté recrues, Igor Paixao arrive du Feyenoord pour sa créativité sur les côtés et en tant que meneur de jeu. Facundo Medina, recruté au RC Lens après six ans dans le Pas-de-Calais, renforce la charnière centrale. Selon Transfermarkt, la valeur globale de l’effectif dépasse les 350 millions d’euros, ce qui place l’OM parmi les trois squads les plus valorisées du championnat.
Le mercato hivernal de janvier 2026 a ajouté Ethan Nwaneri, prêté par Arsenal. A 18 ans, le milieu offensif anglais débarque au Vélodrome pour accumuler du temps de jeu. Sa polyvalence entre les lignes donne une option tactique supplémentaire.
L’ère De Zerbi : philosophie et limites
Roberto De Zerbi a apporté sa vision dès son arrivée à l’été 2024. Formé à l’école du jeu de position, l’Italien a bâti un système fondé sur la possession et la construction depuis l’arrière, en rupture avec les approches plus directes de ses prédécesseurs.
Le système tactique
Le 4-3-3 de De Zerbi s’appuyait sur des principes stricts : relances courtes depuis le gardien, surcharge au milieu pour garder le ballon, largeur apportée par des ailiers percutants. Greenwood évoluait tantôt en pointe, tantôt décalé à droite, avec une grande liberté de mouvement. Gouiri et Paixao animaient l’attaque à ses côtés.
Au milieu, le trio Rabiot-Hojbjerg-Manu Koné mélangeait élégance technique, rigueur et dynamisme. Rabiot, libre de tout contrat après la Juventus, a retrouvé à Marseille un cadre où il joue à son meilleur niveau, en Ligue 1 comme en Ligue des champions.
Les résultats
Le bilan à mi-saison est contrasté. En championnat, 12 victoires, 4 nuls et 6 défaites. L’OM peut dominer n’importe qui mais peut aussi s’effondrer du jour au lendemain. Les 48 buts marqués confirment la force offensive, les 29 encaissés pointent une fragilité défensive persistante.
En Ligue des champions, l’OM a été éliminé dès la phase de ligue après une défaite 3-0 au Club Bruges, une sortie prématurée qui a alimenté les critiques.
La rupture
Le 8 février 2026 restera une date noire. La défaite 5-0 au Parc des Princes face au PSG , la plus lourde de l’histoire du Classique, a tout fait basculer. Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia et Lee Kang-In ont démantelé une défense marseillaise désorganisée, devant un million de téléspectateurs sur DAZN.
Trois jours plus tard, le 11 février, l’OM annonçait le départ de De Zerbi par consentement mutuel. L’Italien quitte Marseille avec le meilleur pourcentage de victoires d’un entraîneur marseillais sur les dix dernières années (57 %), selon L’Équipe. Un paradoxe qui en dit long sur la complexité du poste : à Marseille, les résultats globaux ne suffisent pas quand les grands matchs sont perdus.
Le départ de De Zerbi a entraîné la démission du directeur sportif Mehdi Benatia, ancien capitaine du club. Pablo Longoria, le président, l’a refusée pour maintenir une continuité dans la direction sportive.
Les joueurs clés de la saison
Mason Greenwood : le buteur providentiel
Avec 14 buts en 22 matchs de championnat, Mason Greenwood domine le classement des buteurs de Ligue 1 . L’Anglais de 24 ans confirme l’explosion de la saison passée. Ambidextre, capable de décrocher comme de jouer dos au but, il a trouvé dans le projet de De Zerbi un cadre qui lui convient parfaitement. Sa relation technique avec Gouiri et Paixao produit des combinaisons parmi les plus spectaculaires du championnat.
Adrien Rabiot : le retour du fils prodigue
A 30 ans, Rabiot a retrouvé ses meilleures sensations au Vélodrome. Volume de jeu, qualité de passe longue, vécu au plus haut niveau (Juventus, PSG) : il apporte un socle solide dans les matchs a enjeux.
Pierre-Emile Hojbjerg : le ciment du milieu
Le Danois, arrivé à l’été 2024, s’est imposé comme le joueur indispensable de l’entrejeu. Récupération, orientation du jeu, équilibre tactique : il est le premier nom sur la feuille de match, quel que soit l’entraîneur.
Ethan Nwaneri : le pari de janvier
Le prêt du jeune prodige d’Arsenal est un investissement sur la seconde partie de saison. Nwaneri, qui peinait à obtenir du temps de jeu chez les Gunners, arrive à Marseille pour prouver sa valeur. Sa technique et sa vision du jeu pourraient apporter la créativité qui manque parfois dans la dernière ligne droite.
Le Vélodrome : un chaudron toujours bouillant
Le Stade Vélodrome, 67 394 places, affiche une moyenne de plus de 60 000 spectateurs par match à domicile cette saison. Les groupes ultras (Commando Ultra, South Winners, Dodgers, Fanatics) maintiennent une ferveur qui ne dépend pas des résultats. Le tifo déployé pour la réception de Lyon en décembre 2025, couvrant tout le Virage Sud, a fait le tour des réseaux sociaux.
Cette pression populaire est a double tranchant. Elle galvanise lors des grandes soirées européennes, elle étouffe en période de crise. Le départ de De Zerbi, accéléré par l’hostilité croissante des tribunes après les résultats décevants de janvier, le montre bien.
L’après De Zerbi : quel avenir ?
Au moment de la publication, l’OM cherche son nouvel entraîneur. Habib Beye, ancien capitaine du club (2003-2007) et actuel manager du Stade Rennais, est le favori selon Get French Football News. Son profil d’ancien Olympien, sa connaissance du championnat et son style offensif correspondent aux attentes du club et des supporters.
Sergio Conceicao, sous contrat avec Al-Ittihad en Arabie saoudite (clause libératoire de 4,5 millions d’euros), est aussi cité. Le Portugais, fort de son expérience en Ligue des champions avec le FC Porto, serait une option plus pragmatique.
Le prochain entraîneur héritera d’un effectif de qualité, d’ambitions européennes et d’une pression permanente. Avec 40 points et 12 journées restantes, la qualification pour la Ligue des champions est jouable, mais l’écart de cinq points avec Lyon (3e) impose de réagir vite.
Les perspectives européennes
Si l’élimination en Ligue des champions est une déception, la quatrième place en Ligue 1 maintient les espoirs d’un retour en Europe la saison prochaine.
Le contexte financier rend cette qualification nécessaire. Le projet de Frank McCourt depuis 2016 repose sur une présence régulière en Ligue des champions pour attirer investisseurs et sponsors. La perte de revenus liée à l’élimination prématurée pèsera sur le budget du prochain mercato.
Bilan
L’OM vit une saison 2025-26 qui ressemble à ce club : des performances offensives portées par Greenwood, une déroute historique au Parc des Princes, un projet ambitieux qui s’effondre en quelques jours. La seconde partie de saison, sous la direction d’un nouvel entraîneur, dira si cette équipe talentueuse peut convertir son potentiel en résultats. A Marseille, le football est une affaire de passion. Et de la passion, cette saison n’en manque pas.
Sources :
- L’Équipe : Suivi de l’Olympique de Marseille
- Transfermarkt : Effectif et valeurs de marché de l’OM
- UEFA : Olympique de Marseille en Ligue des champions 2025-26
- Site officiel de l’OM : Communiqué officiel sur le départ de De Zerbi
- Get French Football News : Habib Beye favori pour remplacer De Zerbi
Par la rédaction de LG1